L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a donné son feu vert à cinq nouveaux pesticides. Des scientifiques et des ONG les considèrent comme des PFAS, ces « polluants éternels » de plus en plus encadrés en Europe. La controverse porte sur la définition de ces substances.
PFAS et pesticides : une définition qui change tout
Les PFAS sont des composés chimiques très stables. On les trouve dans les vêtements imperméables, les poêles antiadhésives et aussi dans certains pesticides. Leur résistance à la chaleur et à la corrosion les rend utiles, mais ils ne se dégradent pas. D’où leur surnom de polluants éternels.
La question est de savoir ce qui mérite le nom de PFAS. En 2021, l’OCDE a proposé une définition large, basée sur la structure chimique. Environ la moitié des États américains, le Congrès, le Pentagone et 150 scientifiques l’ont suivie. En 2023, l’EPA a choisi une définition plus restrictive. Résultat : sous Joe Biden, un seul pesticide a été approuvé. Depuis le retour de Donald Trump, cinq ont été acceptés.
| Définition | Critères | Adoptée par |
|---|---|---|
| Large (OCDE, 2021) | Au moins une liaison carbone-fluor | 150 scientifiques, plusieurs États américains, le Congrès, le Pentagone |
| Restrictive (EPA, 2023) | Critères supplémentaires sur la structure complète | EPA (Agence américaine de protection de l'environnement) |
| Les 5 pesticides approuvés (2025) | Ne répondent pas à la définition restrictive | Autorisés par l'EPA sous l'administration Trump |
Deux définitions pour un même problème
Cette divergence de classification n’est pas anecdotique. Elle détermine quelles substances peuvent être commercialisées. Les cinq pesticides récemment autorisés ne correspondent pas à la définition restrictive de l’EPA. Pour de nombreux experts, ils sont pourtant bien des polluants éternels.
| Définition | Critères | Adoptée par |
|---|---|---|
| Large (OCDE, 2021) | Présence d’au moins une liaison carbone-fluor | 150 scientifiques, plusieurs États américains, le Congrès, le Pentagone |
| Restrictive (EPA, 2023) | Critères supplémentaires sur la structure complète | Agence américaine de protection de l’environnement |
Cette classification restrictive a des conséquences directes. Les cinq pesticides approuvés sous l’administration Trump ne sont pas considérés comme des PFAS par les autorités fédérales. Pourtant, des chercheurs estiment qu’ils présentent les mêmes caractéristiques de persistance et de toxicité.
Des autorisations inquiétantes pour la santé publique
Les ONG et les scientifiques ne sont pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme. L’EPA a reconnu elle-même des « preuves suggérant un potentiel cancérigène » pour l’un des herbicides nouvellement autorisés, le trifludimoxazin. Cette mention figure dans l’évaluation officielle de l’agence.
Ces nouvelles autorisations ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Une analyse menée en 2024 sur les substances déjà autorisées aux États-Unis et au Canada a conclu que 66 pesticides sont des PFAS, selon la définition de l’OCDE. Autrement dit, le problème dépasse largement les cinq décisions récentes.
L’exemple de Claire
Prenons le cas de Claire, mère de deux enfants dans le Maine. Elle découvre que des pesticides contenant des PFAS ont été utilisés près d’un champ voisin. Elle s’interroge sur l’eau du robinet et les légumes de son jardin. Comme elle, de nombreux Américains se demandent si leur alimentation et leur environnement sont sûrs.
Pour Nathan Donley, du Center for Biological Diversity, « c’est un problème qui a été mis sous le tapis par les gouvernements successifs ». Il ajoute : « Mais ça devient pire aujourd’hui. » Son constat est partagé par plusieurs associations environnementales, qui dénoncent une déréglementation rapide depuis janvier 2025.
Le danger pour la santé publique est réel. Les PFAS peuvent s’accumuler dans l’organisme et sont associés à des perturbations hormonales, des atteintes du foie ou certains cancers. L’exposition passe par l’eau, les aliments et l’air. Les enfants et les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables.
Comment se protéger au quotidien ?
Face à cette controverse, il est possible d’adopter des gestes simples. Même si la réglementation française et européenne est plus stricte, certains produits importés peuvent contenir des résidus. Voici quelques réflexes à intégrer dans votre routine.
- Vérifier les étiquettes des emballages alimentaires et éviter les mentions « anti-graisse » ou « anti-taches ».
- Privilégier les produits bio pour limiter l’exposition aux résidus de pesticides.
- Utiliser des poêles en fonte, en inox ou en céramique plutôt que des revêtements antiadhésifs.
- Choisir un filtre à eau certifié pour réduire les PFAS dans l’eau du robinet.
- Laver soigneusement les fruits et légumes, surtout ceux qui poussent près du sol.
Ces actions ne remplacent pas une réglementation protectrice. Mais elles permettent de réduire les risques, en attendant des décisions plus strictes. Le débat sur les pesticides et les PFAS n’est pas près de s’éteindre. Il concerne directement votre santé et celle de vos proches.
Les autorisations récentes aux États-Unis rappellent que les choix politiques ont un impact concret sur l’environnement et la santé publique. Rester informé et exiger des contrôles indépendants reste essentiel.
Le vrai du faux, sans filtre
Est-ce que ces pesticides sont vraiment des PFAS ?
Selon la définition de l'OCDE, oui, ils ont une liaison carbone-fluor. L'EPA a choisit une définition plus restrictive pour ne pas les considérer comme tels. Les chercheurs contestent cette décision.
Faut-il s'inquiéter pour les produits vendus en France ?
La réglementation européenne est beaucoup plus stricte sur les PFAS. Les produits importés peuvent toutefois contenir des résidus, d'où l'intérêt de vérifier les étiquettes et de privilégier le bio.
Quels sont les risques pour la santé ?
Les PFAS s'accumulent dans l'organisme et sont associés à des perturbations hormonales, des atteintes du foie ou certains cancers. Les enfants et les femmes enceintes sont particulièrement exposés.
Comment éviter ces polluants au quotidien ?
Choisissez des poêles en fonte ou en inox, évitez les emballages 'anti-graisse' et 'anti-taches', et lavez les fruits et légumes. Le bio reste une bonne option pour limiter les résidus.
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Eva Besson écrit sur la santé du quotidien, la nutrition et les routines qui tiennent dans la vraie vie. Elle aime traduire les sujets complexes en repères utiles, sans alarmisme.