Sous l'administration Trump, l'approbation controversée de pesticides et PFAS dangereux alarme chercheurs et ONG

Eva Besson · 3 août 2026 · 4 min read · 839 words

L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a donné son feu vert à cinq nouveaux pesticides. Des scientifiques et des ONG les considèrent comme des PFAS, ces « polluants éternels » de plus en plus encadrés en Europe. La controverse porte sur la définition de ces substances.

PFAS et pesticides : une définition qui change tout

Les PFAS sont des composés chimiques très stables. On les trouve dans les vêtements imperméables, les poêles antiadhésives et aussi dans certains pesticides. Leur résistance à la chaleur et à la corrosion les rend utiles, mais ils ne se dégradent pas. D’où leur surnom de polluants éternels.

La question est de savoir ce qui mérite le nom de PFAS. En 2021, l’OCDE a proposé une définition large, basée sur la structure chimique. Environ la moitié des États américains, le Congrès, le Pentagone et 150 scientifiques l’ont suivie. En 2023, l’EPA a choisi une définition plus restrictive. Résultat : sous Joe Biden, un seul pesticide a été approuvé. Depuis le retour de Donald Trump, cinq ont été acceptés.

Deux définitions pour un même problème

Cette divergence de classification n’est pas anecdotique. Elle détermine quelles substances peuvent être commercialisées. Les cinq pesticides récemment autorisés ne correspondent pas à la définition restrictive de l’EPA. Pour de nombreux experts, ils sont pourtant bien des polluants éternels.

Définition Critères Adoptée par
Large (OCDE, 2021) Présence d’au moins une liaison carbone-fluor 150 scientifiques, plusieurs États américains, le Congrès, le Pentagone
Restrictive (EPA, 2023) Critères supplémentaires sur la structure complète Agence américaine de protection de l’environnement

Cette classification restrictive a des conséquences directes. Les cinq pesticides approuvés sous l’administration Trump ne sont pas considérés comme des PFAS par les autorités fédérales. Pourtant, des chercheurs estiment qu’ils présentent les mêmes caractéristiques de persistance et de toxicité.

Des autorisations inquiétantes pour la santé publique

Les ONG et les scientifiques ne sont pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme. L’EPA a reconnu elle-même des « preuves suggérant un potentiel cancérigène » pour l’un des herbicides nouvellement autorisés, le trifludimoxazin. Cette mention figure dans l’évaluation officielle de l’agence.

Ces nouvelles autorisations ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Une analyse menée en 2024 sur les substances déjà autorisées aux États-Unis et au Canada a conclu que 66 pesticides sont des PFAS, selon la définition de l’OCDE. Autrement dit, le problème dépasse largement les cinq décisions récentes.

L’exemple de Claire

Prenons le cas de Claire, mère de deux enfants dans le Maine. Elle découvre que des pesticides contenant des PFAS ont été utilisés près d’un champ voisin. Elle s’interroge sur l’eau du robinet et les légumes de son jardin. Comme elle, de nombreux Américains se demandent si leur alimentation et leur environnement sont sûrs.

Pour Nathan Donley, du Center for Biological Diversity, « c’est un problème qui a été mis sous le tapis par les gouvernements successifs ». Il ajoute : « Mais ça devient pire aujourd’hui. » Son constat est partagé par plusieurs associations environnementales, qui dénoncent une déréglementation rapide depuis janvier 2025.

Le danger pour la santé publique est réel. Les PFAS peuvent s’accumuler dans l’organisme et sont associés à des perturbations hormonales, des atteintes du foie ou certains cancers. L’exposition passe par l’eau, les aliments et l’air. Les enfants et les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables.

Comment se protéger au quotidien ?

Face à cette controverse, il est possible d’adopter des gestes simples. Même si la réglementation française et européenne est plus stricte, certains produits importés peuvent contenir des résidus. Voici quelques réflexes à intégrer dans votre routine.

Ces actions ne remplacent pas une réglementation protectrice. Mais elles permettent de réduire les risques, en attendant des décisions plus strictes. Le débat sur les pesticides et les PFAS n’est pas près de s’éteindre. Il concerne directement votre santé et celle de vos proches.

Les autorisations récentes aux États-Unis rappellent que les choix politiques ont un impact concret sur l’environnement et la santé publique. Rester informé et exiger des contrôles indépendants reste essentiel.